C’est l’histoire d’un jeune garçon, descendant de tribus nomades de Macédoine, qui réalise sa scolarité dans une école coranique où, comme les autres élèves, il doit apprendre par cœur des versets du Coran en araba, langue que personne ne maîtrise dans le village. Puis il poursuit son éducation dans une école laïque qu’il abandonne peu après pour devenir, par la force des choses, berger. Mais à 12 ans, sans en avoir parlé à personne, il passe les concours d’une école militaire. Avec de brillants résultats, il apprend vite, découvre Rousseau, Montesquieu et se prend de passion pour le destin de Napoléon 1er… Dans sa tête, il se dit qu’il fera aussi bien, sinon mieux que lui…
L’enfant prodige est, presque un siècle après sa mort, toujours une icône dans son pays. Mustafa Kemal Atatürk, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est une référence pour les habitants les plus progressistes du Proche-Orient, grâce à sa vision de la société et son sens profond pour la démocratie et la laïcité. Car, tout au long de ses années de règne sur la Turquie, prenant la suite du sultanat, il a pu multiplier les avancées de son peuple.
Dès son arrivée à Ankara (28 décembre 1919), dans son discours, Atatürk parlait de la tolérance ottomane et du respect des croyances et coutumes des éléments étrangers. Et c’est après de nombreuses guerres d’indépendance, en 1921, que cette ouverture vers l’étranger se réalise réellement, lorsque la France est le premier pays à reconnaître ce qui sera, deux ans plus tard, le régime républicain d’Atatürk.
Grâce aux banques, des milliers de kilomètres de routes sont construits ainsi que plusieurs centaines de ponts, un réseau de chemins de fer est créé, ce qui permet de désenclaver l’Anatolie pour accéder à un développement économique homogène. L’agriculture est revalorisée, les paysans disposent de plus de moyens et d’outils agricoles, leurs fermes deviennent plus spacieuses et plus propres. Et pour la première fois de leur histoire, ils peuvent épargner pour préparer l’avenir de leurs enfants.
Atatürk opte pour l’alphabet latin (au lieu de l’arabe, pourtant utilisé depuis des siècles), il réforme complètement l’école pour l’ouvrir au plus grand nombre, donne le droit de vote aux femmes (elles deviennent égales aux hommes en droit en 1934), il ouvre des musées, encourage le développement des ballets ou de la littérature. Il interdit aussi le port du voile, ferme les monastères islamiques, et développe dans le pays l’idée de laïcité, à l’image de la France.
Une transformation radicale du pays, à l’occidentale, qui aura été possible aussi grâce à une sévère purge de l’opposition, quasi inexistante sous son règne. Mais le peuple turc gardera de cet homme l’image d’un grand réformateur, d’un guide pour leur pays, qui lui aura assuré visibilité et croissance…
Un siècle plus tard, le mausolée reste un lieu de pèlerinage pour la majorité des Turcs… sauf pour ceux qui trouvent l’image du grand leader un peu trop envahissante, ou qui voudraient bien reprendre la place… Aux dernières élections, Erdogan, le président élu du pays, aurait bien voulu tirer un grand coup de crayon sur l’héritage d’Atatürk. Mais c’est l’inverse qui s’est produit, avec la victoire de nombreux réprésentants du parti d’Atatürk dans les plus grandes villes du pays…
Es la historia de un joven, descendiente de tribus nómadas de Macedonia, que completa su educación en una escuela coránica donde, como el resto de alumnos, debe aprender de memoria versos del Corán en arabe, una lengua que nadie conoce en el pueblo. Luego continuó su educación en una escuela laica que abandonó poco después para convertirse, por las circunstancias, en pastor. Pero a los 12 años, sin habérselo dicho a nadie, se presentó a las oposiciones a una escuela militar. Con resultados brillantes, aprendió rápidamente, descubrió a Rousseau, a Montesquieu y se apasionó por el destino de Napoleón I… En su cabeza, se dijo a sí mismo que lo haría tan bien, si no mejor, que él… El niño prodigio sigue siendo, casi un siglo después de su muerte, un icono en su país. Mustafa Kemal Atatürk, ya que se trata de él, es un referente para los habitantes más progresistas de Oriente Medio, gracias a su visión de la sociedad y su profundo sentido de la democracia y el laicismo. Porque, a lo largo de sus años de reinado sobre Turquía, haciéndose con el sultanato, supo multiplicar los avances de su pueblo. A su llegada a Ankara (28 de diciembre de 1919), en su discurso, Atatürk habló de la tolerancia otomana y del respeto por las creencias y costumbres de los elementos extranjeros. Y fue después de numerosas guerras de independencia, en 1921, cuando realmente se concretó esta apertura hacia el exterior, cuando Francia fue el primer país en reconocer el que sería, dos años después, el régimen republicano de Atatürk.
Gracias a los bancos se construyen miles de kilómetros de carreteras, varios cientos de puentes y se crea una red ferroviaria que permite abrir Anatolia para lograr un desarrollo económico homogéneo. La agricultura se revaloriza, los agricultores tienen más medios y herramientas agrícolas, sus explotaciones se vuelven más espaciosas y limpias. Y por primera vez en su historia, pueden ahorrar para preparar el futuro de sus hijos. Atatürk opta por el alfabeto latino (en lugar del árabe, que se utiliza desde hace siglos), reforma completamente la escuela para abrirla al mayor número de personas posible, concede a las mujeres el derecho al voto (se igualan ante la ley a los hombres en 1934). ), abrió museos, impulsó el desarrollo del ballet y la literatura. También prohibió el uso del velo, cerró los monasterios islámicos y desarrolló la idea del secularismo en el país, como en Francia. Una transformación radical del país, al estilo occidental, que también fue posible gracias a una severa purga de la oposición, casi inexistente bajo su reinado. Pero el pueblo turco mantendrá la imagen de este hombre como un gran reformador, un guía para su país, que aseguró visibilidad y crecimiento… Un siglo después, el mausoleo sigue siendo un lugar de peregrinación para la mayoría de los turcos… excepto para aquellos que encuentran la imagen del gran líder demasiado invasiva, o que quisieran recuperar el lugar… En las últimas elecciones, a Erdogan, el presidente electo del país, le hubiera gustado trazar una línea larga sobre el legado de Atatürk. Pero sucedió todo lo contrario, con la victoria de muchos representantes del partido de Atatürk en las ciudades más grandes del país…