Lorsqu’on débarque à Manchester, on a tous un peu dans la tête (en tout cas, lorsqu’on est de notre génération…) des images vidéos aux couleurs un peu délavées, datant de l’époque de Margaret Thatcher. A ce moment-là, la cité était en piteux état, abandonnée par les industries, ruinée par un chômage galopant et une économie en berne… Manchester n’était plus que l’ombre d’elle-même, la cité travailleuse et fière.
Quarante ans plus tard, les images sont à caser définitivement au rayon des archives, car Manchester. a su se réinventer pour revivre. En composant avec intelligence avec son passé. Les immeubles de brique sont toujours là, rénovés, réinventés en lofts au lieu d’ateliers. Ceux qui étaient intransformables ou en mauvais état ont été rasés et remplacés par des immeubles jonglant entre le béton, l’acier et le verre. Une symphonie de matériaux pour une nouvelle composition de la cité.
Les canaux, artères de la ville et essentiels pour le transport du charbon à l’époque, restent intacts, mais se transforment en lieux de promenade, tout comme quelques tronçons de voies de chemin de fer aériennes sur lesquelles les plantes colonisent l’acier rouillé.
Manchester a réinventé sa ville, ne lui restait qu’à imaginer la vie qui allait avec. Et là, les Anglais, tout au moins ceux qui ont toujours les moyens de vivre ici, car les prix ont flambé avec la rénovation, ont pris leur courage à deux mains. Et ils ont converti le centre en un laboratoire ouvert et chaleureux, mêlant zones commerciales et boutiques underground, larges terrasses et petits recoins enchanteurs, scènes gays ouvertes sur le monde et restaurants chinois dans lesquels déjeunent les Hindous.
Manchester, de jour comme de nuit, est aujourd’hui vibrante, actuelle, dévergondée et quelque peu allumée. Soit à peu près l’exact contraire de ce que voulait Margaret lorsqu’elle était au pouvoir. Give the power to the people…
Cuando llegas a Manchester, tienes un poco en la cabeza (al menos, los que somos de nuestra generación…) imágenes de vídeo con colores ligeramente descoloridos, que datan de la época de Margaret Thatcher. En aquel momento, la ciudad se encontraba en un estado lamentable, abandonada por las industrias, arruinada por un desempleo galopante y una economía aletargada… Manchester no era más que una sombra de sí misma, la trabajadora y orgullosa.
Cuarenta años después, las imágenes pasarán definitivamente a los archivos, porque Manchester. supo reinventarse para volver a vivir. Lidiando inteligentemente con su pasado. Los edificios de ladrillo siguen ahí, renovados, reinventados como lofts en lugar de talleres. Los que eran intransformables o estaban en malas condiciones fueron demolidos y reemplazados por edificios que hacen malabarismos con hormigón, acero y vidrio. Una sinfonía de materiales para una nueva composición de la ciudad.
Los canales, arterias de la ciudad imprescindibles en la época para el transporte del carbón, permanecen intactos, pero se transforman en lugares para caminar, al igual que algunos tramos de vías elevadas de ferrocarril en las que las plantas colonizan el acero oxidado.
Manchester reinventó su ciudad, todo lo que tenía que hacer era imaginar la vida que la acompañaba. Y allí los ingleses, al menos los que todavía tienen medios para vivir aquí, porque los precios se han disparado con la renovación, se armaron de valor. Y convirtieron el centro en un laboratorio abierto y cálido, mezclando zonas comerciales y boutiques clandestinas, grandes terrazas y pequeños rincones con encanto, ambientes gay abiertos al mundo y restaurantes chinos en los que almuerzan hindúes.
Manchester, día y noche, hoy es vibrante, actual, lascivo y algo iluminado. Más o menos exactamente lo contrario de lo que Margaret quería cuando estaba en el poder. Give the power to the people…