L’image est frappante, mais la réalité encore plus : devant vous, se dresse une forêt monumentale de flèches rocheuses faites de grès. Au sommet de ces colonnes sculptées par les millions d’années, des édifices presque surnaturels, comme posés par une main divine sur les concrétions. Ce sont les monastères des Météores, dans le nord de la Grèce.
Aujourd’hui, le site est un des plus visités de la péninsule héllenique. Mais par chance, même en plein été, on ne se sent pas porté par une marée de visiteurs venus résoudre les énigmes de ces lieux de foi. Car les monastères des Météores ne cessent de poser des questions, à la fois aux touristes mais aussi aux scientifiques…
Retour quelques siècles en arrière, plus précisément il y a un millénaire. Les premiers moines viennent occuper ce site hors du commun, mais ils choisissent -sagement- d’occuper les nombreuses grottes au pied des colonnes, qui donneront à ces ermites un lieu pour vivre. Mais très vite, ils ont regardé vers les hauteurs. D’après la mythologie locale, des roches furent envoyées du ciel sur la terre par la Providence (d’où leur nom de « météores ») pour permettre aux ascètes de se retirer et de prier. Les moines ont donc décidé d’investir les cimes de concrétions parfois hautes de 400 mètres. Anastase, au XIVe siècle, fonde ainsi le Grand Météore (Mégalo Méteoro), qui peut encore aujourd’hui se visiter. Les décennies suivantes, le mouvement se poursuit et le site comptera, dans son heure de gloire (au XVe siècle) pas moins de 24 sites religieux hauts perchés. Mais comment ont-ils été construits là ? C’est bien toute la question ! Car si aujourd’hui des escaliers ou des plans inclinés permettent d’accéder avec une certaine facilité aux églises, il n’en était rien à l’époque. Les moines devaient se hisser dans les sites grâce à des échelles précaires ou de simples cordes (ce qui les préservait également des pillards…). Mais auparavant avait-il fallu transporter tout le matériel pour construire les églises lieux de vie. Là encore, il semble que les constructeurs aient utilisés ces mêmes moyens plus que rudimentaires, taillant dans le grès ou montant des murs d’un équilibre incertain. On peut d’ailleurs voir encore aujourd’hui des escaliers taillés à même la pierre desquels les chutes devaient être plus que nombreuses…
Mais l’heure de gloire des monastères fut de courte durée. Dès le XVIIe siècle, les premiers couvents furent abandonnés. Et ne subsistèrent bientôt plus que six, ceux qui sont toujours ouverts (et visitables) de nos jours.
Le site, désormais protégé par l’Unesco, est d’une beauté absolue, quand le soleil joue avec les ombres de ces colonnes de gré. Dans les petites églises qui peuvent se visiter, on retrouve tous les éléments classiques de la foi orthodoxe, avec les peintures qui couvrent tous les murs, à la manière d’une BD permettant d’expliquer la Bible. Et les touristes cohabitent (au moins pendant la journée) avec les moines et les sœurs qui prient… ou recomptent la caisse des entrées. La foi peut déplacer des montagnes, dit-on, mais elle peut aussi générer de gros bénéfices…
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Hoy en día, este lugar es uno de los más visitados de la península helénica. Pero, por suerte, ni siquiera en pleno verano uno se siente arrastrado por una marea de visitantes que han venido a resolver los enigmas de estos lugares de fe. Porque los monasterios de Meteora siguen planteando preguntas, tanto a los turistas como a los científicos… Retrocedamos unos siglos, más precisamente hace un milenio. Los primeros monjes se instalaron en este extraordinario lugar, pero eligieron -sabiamente- ocupar las numerosas cuevas al pie de las columnas, que dieron a estos ermitaños un lugar donde vivir. Pero muy rápidamente miraron hacia las alturas. Según la mitología local, la Providencia envió rocas del cielo a la tierra (de ahí su nombre « meteoritos ») para permitir a los ascetas retirarse y orar. Por lo tanto, los monjes decidieron revestir las cimas con columnas de a veces 400 metros de altura. Anastasio, en el siglo XIV, fundó el Gran Meteoro (Mégalo Meteoro), que aún hoy se puede visitar. En las décadas siguientes, el movimiento continuó y alcanzó, en su momento álgido(en el siglo XV), no menos de 24 sitios religiosos en las alturas. ¿Pero cómo se construyeron? ¡Ésa es la gran cuestión! Porque si hoy escaleras o planos inclinados permiten acceder con cierta facilidad a las iglesias, en su momento no fue así. Los monjes tenían que subir a los lugares utilizando escaleras precarias o simples cuerdas (que también los protegían de los saqueadores…). Pero antes había que transportar todo el material para construir las iglesias, lugares de vida. Una vez más, parece que los constructores utilizaron estos mismos medios más que rudimentarios, cortando la piedra arenisca o levantando muros de equilibrio incierto. Aún hoy podemos ver escaleras talladas en la piedra desde donde debieron ser más que numerosas las caidas y desprendimientos.. Pero los días de gloria de los monasterios duraron poco. A partir del siglo XVII los primeros conventos quedaron abandonados. Y pronto solo quedaron seis, los que hoy siguen abiertos (y visitables). El sitio, ahora protegido por la Unesco, es de absoluta belleza cuando el sol juega con las sombras de estas columnas excelsas. En las pequeñas iglesias que se pueden visitar encontramos todos los elementos clásicos de la fe ortodoxa, con las pinturas que cubren todas las paredes, como una tira cómica para explicar la Biblia. Y los turistas conviven (al menos durante el día) con los monjes y las monjas que rezan… o cuentan la caja registradora. La fe puede mover montañas, se dice, pero también puede traer grandes beneficios…